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Présenter une étude sur l’école ou les apprentissages
Une étude sur l’école intéresse les journalistes si sa méthode est lisible et sa date bien choisie. Calendrier public, fiche méthode, règles des sondages, précautions sur les élèves : ce qu’il faut préparer avant l’envoi.

Ce qu’une rédaction attend d’une étude sur l’école
Une étude sur l’école intéresse une rédaction si elle apporte une information nouvelle, vérifiable et utile à ses lecteurs : parents, enseignants, élus ou grand public. Le journaliste ne relaie pas un document : il en tire un sujet, avec un angle qu’il choisit seul. Aucune démarche de relations presse ne garantit une publication.
Avant tout envoi, réunissez cinq éléments :
- un résultat principal, formulé en une phrase ;
- une fiche méthode : qui a été interrogé, comment, quand, par qui et pour qui ;
- le questionnaire complet, ou le protocole d’une étude qualitative ;
- une date et une heure de diffusion, éventuellement sous un embargo ;
- un porte‑parole disponible le jour de la sortie.
Ces repères complètent notre page sur les relations presse dans l’éducation et la marche à suivre pour annoncer une étude ou un sondage.
Quel calendrier public regarder avant de fixer votre date ?
La statistique publique sur l’école est produite par la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP), service statistique ministériel de l’éducation. Elle diffuse ses résultats les plus récents dans les Notes d’information et publie la revue Éducation & formations, créée en 1982, dont chaque article passe devant un comité de lecture indépendant DEPP. La DEPP est aussi l’opératrice en France des enquêtes internationales PISA et TALIS avec l’OCDE, TIMSS et PIRLS avec l’IEA. Leurs résultats sont donc publiés en France par ce service statistique ministériel Insee.
Le cadre de référence de l’Autorité de la statistique publique prévoit un calendrier prévisionnel à trois mois. Il encourage les services statistiques ministériels à annoncer les jours et heures de parution au moins 15 jours à l’avance Autorité de la statistique publique. Consultez ces annonces avant de choisir votre date, puis tranchez :
- évitez le jour d’une grande publication publique, où votre étude passerait au second plan ;
- ou placez‑vous juste après, avec un éclairage complémentaire, sans prétendre contredire des données publiques dont la méthode diffère ;
- tenez compte du calendrier scolaire (rentrée, examens, vacances), qui oriente la demande des rédactions.
Comment rendre votre méthodologie lisible ?
Le code international ICC/ESOMAR impose de publier assez d’informations pour évaluer la qualité des données et interdit au client comme à l’institut des résultats publiés trompeurs ICC/ESOMAR. Pour les sondages publiés, ESOMAR et WAPOR demandent au minimum le nom de l’institut et du commanditaire, le champ, la taille de l’échantillon, le mode et les dates d’entretien, avec des informations complémentaires disponibles sous 24 heures après la publication. Les limites et faiblesses de l’enquête doivent figurer dans tous les comptes rendus publiés ESOMAR et WAPOR.
Concrètement, joignez à votre communiqué une fiche méthode d’une page :
- qui a été interrogé et comment l’échantillon a été construit ;
- le mode de recueil et les dates de terrain ;
- le texte intégral des questions citées dans le communiqué ;
- les limites : sous-groupes trop petits, répondants volontaires, période de recueil particulière.
Une enquête menée sans échantillon représentatif n’est pas un sondage au sens de la loi du 19 juillet 1977 Commission des sondages. Appelez-la « enquête » ou « consultation » et dites qui a répondu. Pour le texte lui-même, voyez comment rédiger un communiqué de presse dans l’éducation.
Votre sondage auprès des enseignants relève‑t‑il de la loi ?
La loi n° 77‑808 du 19 juillet 1977 ne vise que les sondages publiés sur des sujets liés, directement ou indirectement, au débat électoral. Un sondage sur une question de société peut toutefois y entrer si cette question est au centre du débat électoral au moment du sondage Commission des sondages.
Depuis le 15 septembre 2026, la Commission des sondages considère que toute enquête d’opinion publiée sur un thème débattu dans la campagne présidentielle 2027, quel qu’en soit le commanditaire, entre dans le champ de la loi de 1977. Un sondage sur l’école publié pendant la campagne peut donc être soumis aux mentions obligatoires. Il doit alors être publié avec huit mentions, dont l’institut, le commanditaire, le nombre de personnes interrogées, les dates d’interrogation, le texte intégral des questions et les marges d’erreur Commission des sondages. Si votre sujet est débattu dans la campagne, faites préparer ces mentions par votre institut avant d’écrire le communiqué.
Comment organiser l’embargo d’une étude privée ?
Le même cadre de l’Autorité de la statistique publique limite la mise à disposition anticipée aux journalistes à 48 heures en général, une semaine au maximum Autorité de la statistique publique. Les règles d’embargo du service statistique public visent la première diffusion des indicateurs et ne s’appliquent pas aux études ni aux rapports de synthèse Insee.
Pour votre étude, l’embargo repose sur l’engagement des journalistes que vous sollicitez. Reprenez la logique du Code de bonnes pratiques de la statistique européenne : annoncer à l’avance les dates et heures de parution, et donner à tous les utilisateurs l’accès au même moment et dans les mêmes conditions Autorité de la statistique publique. L’Insee allonge le délai entre la remise des données et la levée d’embargo quand l’information est riche et complexe Insee. Faites de même pour une étude dense.
- Indiquez la date et l’heure de levée en tête du courriel et du document.
- Envoyez la même version à tous, au même moment, et mettez l’étude en ligne à l’heure de levée.
Les cas particuliers sont traités dans notre guide sur l’embargo, le off et le droit de réponse.
Quel angle tirer de vos résultats ?
Un rapport contient beaucoup de résultats ; un article en retient un ou deux. Mettez en avant celui qui répond à une question que se posent déjà parents ou enseignants, sans lien de cause que votre méthode ne permet pas d’établir. La presse spécialisée attend le détail par niveau d’enseignement, la presse régionale une donnée territoriale si l’échantillon local le permet. Pour adapter ce résultat à chaque média, appuyez‑vous sur notre méthode pour identifier les médias et les journalistes.
Mineurs et classements : quelles précautions prendre ?
Le code ICC/ESOMAR exige le consentement d’un parent ou d’un adulte responsable pour collecter des données personnelles d’enfants ICC/ESOMAR. Ne transmettez aucune donnée qui permette d’identifier un élève ou une classe, même en annexe. Si un journaliste souhaite rencontrer des élèves, organisez-le avec l’établissement et l’accord écrit des familles.
Les classements demandent la même prudence : un palmarès d’établissements, de communes ou d’académies expose des équipes et des élèves. Avant d’en publier un, posez trois questions :
- chaque unité classée repose‑t‑elle sur assez de réponses ?
- les écarts dépassent‑ils la marge d’erreur ?
- le classement tient‑il compte des différences de public ?
Si une réponse est non, présentez des tendances par groupes plutôt qu’un rang. ESOMAR et WAPOR attendent des journalistes qu’ils sachent repérer les résultats à traiter avec prudence : échantillon réduit, faible taux de réponse, questions orientées ESOMAR et WAPOR.
Les erreurs qui font écarter une étude
- Présenter une corrélation comme une cause.
- Ne garder que les résultats favorables à votre organisation : le journaliste demandera le reste.
- Envoyer un rapport sans fiche méthode ni questionnaire.
- Présenter comme établie une recherche non évaluée par les pairs : The Conversation pose en principe qu’une recherche ne doit pas être relayée avant d’avoir été évaluée par les pairs The Conversation.
- Multiplier les relances ou demander à relire l’article avant sa parution.
Ce que le journaliste vérifie avant d’écrire
Le journaliste travaille vite et reste libre : il peut ignorer l’étude ou n’en citer qu’un chiffre. Le manuel de fact-checking de l’AFP exige une source claire pour chaque chiffre cité et au moins deux sources indépendantes par article AFP Factuel. Le journaliste peut chercher un regard extérieur. Le Conseil scientifique de l’éducation nationale (CSEN) publie en toute indépendance des synthèses des connaissances scientifiques Conseil scientifique de l’éducation nationale. Le Cnesco analyse et accompagne les politiques et pratiques scolaires Cnesco. Certaines rédactions disposent aussi de cellules de vérification : franceinfo tient une rubrique « Vrai ou faux » consacrée à la vérification des faits franceinfo.
Facilitez la vérification : rapport, fiche méthode et questionnaire en ligne, porte‑parole qui connaît les limites, contact méthodologique chez l’institut. Notre guide sur le travail des journalistes détaille leurs contraintes.






