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Communication de crise et relations presse

Quand une crise éclate, les journalistes cherchent des faits vérifiés et un interlocuteur identifié. Préparez la déclaration d’attente, rythmez les points de situation et tirez le bilan, sans présumer de ce que les rédactions publieront.

Réunion de crise la nuit : équipe autour d’une table avec ordinateurs et téléphones, grand écran de courbes, carnet jaune

Quand et pourquoi parler à la presse pendant une crise ?

Une crise devient médiatique dès que des journalistes s’en saisissent : incident visible, personnes touchées, rumeur en ligne. À partir de là, la rédaction travaille avec ou sans vous. Elle cherche des faits confirmés, un interlocuteur identifié et des réponses avant son bouclage.

Les relations presse servent à lui fournir ces faits. Selon l’ANSSI, elles peuvent servir de rempart contre la désinformation en fournissant aux journalistes des informations fiables et vérifiées. À l’inverse, mentir ou refuser de communiquer pousse les parties prenantes à supposer que vous cachez quelque chose, ce qui peut amplifier la crise médiatique ANSSI.

Le journaliste recoupe, interroge d’autres sources et choisit seul son angle. Votre déclaration ne garantit ni la publication de votre version ni un traitement favorable : elle évite que l’article s’écrive sans vos faits. Les contraintes des rédactions sont décrites dans la page sur comment travaillent les journalistes.

Quels outils préparer avant qu’une crise éclate ?

Un guide des services publics fédéraux belges, publié en décembre 2011, recommande un plan de communication de crise préparé à l’avance : scénarios, messages clés, publics, « statements » servant de base aux réponses, questions-réponses, listes de contacts et procédures Guide presse des SPF belges. Côté presse, préparez :

  • Une déclaration d’attente par scénario, à compléter le jour venu.
  • Des questions-réponses sur les sujets sensibles, avec des éléments de langage validés.
  • Un fichier presse vérifié, construit avec la méthode pour identifier les journalistes à contacter.
  • Une trame de communiqué suivant la méthode FACET de l’ANSSI (faits, actions, compassion, engagement, transparence), qui devient CAFET, compassion d’abord, quand la crise fait des victimes physiques ANSSI.

Le guide « Anticiper et gérer sa communication de crise cyber » de l’ANSSI, dans sa version de juin 2026, compte dix fiches et une checklist ; selon l’ANSSI, une bonne communication de crise cyber reprend avant tout les réflexes et outils communs à toute communication de crise ANSSI. La stratégie globale de crise dépasse les relations presse : consultez la page sur les agences et la communication de crise.

Comment remplir la déclaration d’attente, rubrique par rubrique

Le modèle commenté de cette page, à télécharger aussi depuis la page des modèles commentés, illustre chaque rubrique de la déclaration d’attente, premier texte diffusé en crise. Voici comment les remplir.

  1. Émetteur, date et heure. L’heure exacte compte : d’autres points de situation suivront et le journaliste doit savoir quelle version il cite.
  2. Ce que l’on sait. Uniquement des faits vérifiés. Selon l’ANSSI, vous n’êtes pas obligé de tout dire, mais tout ce que vous dites doit être vrai. Une hypothèse se signale comme telle, au conditionnel ANSSI.
  3. Ce que l’on fait. Les actions engagées, pas celles envisagées ; aucune date de retour à la normale ni résultat non acquis.
  4. Attention portée aux personnes concernées. L’ANSSI juge un message d’empathie et d’excuse indispensable après une cyberattaque et déconseille l’humour. En cas de victimes physiques, placez cette rubrique en tête (méthode CAFET).
  5. Engagement à informer. Annoncez le prochain point de situation et où il paraîtra, par exemple votre salle de presse en ligne, puis tenez parole.
  6. Porte‑parole désigné. Un porte‑parole désigné, préparé : l’ANSSI conseille de limiter le nombre d’interlocuteurs des médias et voit dans le dirigeant le porte‑parole privilégié en crise.
  7. Contact presse. Une adresse dédiée aux journalistes, surveillée en continu pendant toute la crise.

Adapter la déclaration au média visé

  • Agences de presse et médias en ligne : un texte court et factuel, facile à reprendre tel quel.
  • Radio : des phrases faciles à dire à voix haute ; les usages pour travailler avec la radio s’appliquent.
  • Télévision : un porte‑parole capable de redire les faits clés face caméra, selon les codes pour passer à la télévision.

Dans un organisme éducatif, familles, élèves et personnels lisent aussi ces déclarations : les particularités des relations presse dans l’éducation sont présentées dans la rubrique dédiée.

Les étapes : avant, pendant et après la crise

Avant : la cellule, les rôles et le porte‑parole

Constituez une cellule de crise restreinte : direction, communication, juridique, responsable du domaine touché. Écrivez qui valide et qui parle. Définissez aussi les rôles avec les partenaires extérieurs : l’ANSSI indique qu’elle ne prend généralement pas la parole à la place des victimes et leur redirige les demandes presse ANSSI. Entraînez le porte‑parole aux questions difficiles avec la méthode pour préparer une interview.

Pendant : des faits vérifiés et un rythme annoncé

Diffusez la déclaration d’attente, puis des points de situation à heures annoncées. L’ANSSI recommande une « transparence maîtrisée » et des points de situation réguliers. Le guide belge demande de communiquer de façon cohérente et proactive, sans attendre que l’information se répande. Il insiste aussi : la communication interne doit rester une priorité Guide presse des SPF belges.

Tenez un journal des déclarations (quoi, à qui, à quelle heure) : le journaliste recoupe, et une contradiction devient vite un sujet.

Après : remercier et tirer le bilan

Une fois la situation stabilisée, l’ANSSI préconise de remercier les parties prenantes internes et de réaliser un retour d’expérience (RETEX) sur la communication menée ANSSI. Relisez les articles publiés : pour une erreur factuelle, demandez une correction ; la rédaction reste libre d’y donner suite. À l’AFP Factuel, par exemple, une erreur est corrigée avec une note datée en bas de l’article, une voie distincte du droit de réponse AFP Factuel. Les règles de ce dernier sont présentées dans le guide embargo, off et droit de réponse.

Comment mesurer les retombées d’une communication de crise ?

En crise, le nombre d’articles dépend surtout de l’événement, pas de votre communication. Observez plutôt :

  • si vos faits sont repris exactement ;
  • si les articles citent votre porte‑parole plutôt que des sources anonymes ;
  • si les questions des journalistes passent de la confirmation des faits à la suite ;
  • quelles corrections ont été demandées et obtenues.

Versez ces constats au RETEX, en suivant la méthode pour mesurer les retombées presse.

Les erreurs fréquentes en communication de crise

  • Nier un fait qui sera établi plus tard : la confiance des rédactions se perd.
  • Répondre « pas de commentaire » : le journaliste l’écrira et cherchera d’autres sources.
  • Multiplier les interlocuteurs : deux voix produisent vite deux versions.
  • Spéculer sur les causes avant la fin des vérifications.
  • Parler en off : l’information confiée peut orienter l’article sans que vous en maîtrisiez la formulation.
  • Oublier les équipes, qui découvrent alors la situation dans la presse.

Modèle commenté

Modèle de déclaration d’attente en situation de crise

Chaque rubrique du fichier porte la même note qu’ici, en commentaire : elle explique ce que le journaliste y cherche.

  1. Émetteur, date et heure

    Pourquoi cette rubrique : En crise, l’heure compte : la déclaration sera remplacée par des points de situation.

  2. Ce que l’on sait (faits vérifiés)

    Pourquoi cette rubrique : Tout ce qui est dit doit être vrai ; les hypothèses sont présentées comme telles.

  3. Ce que l’on fait (actions engagées)

    Pourquoi cette rubrique : Montrer que la situation est prise en charge, sans promettre ce qui n’est pas acquis.

  4. Attention portée aux personnes concernées

    Pourquoi cette rubrique : Empathie d’abord quand il y a des personnes touchées ; pas d’humour.

  5. Engagement à informer

    Pourquoi cette rubrique : Annoncer le prochain point de situation et le canal où il sera publié.

  6. Porte‑parole désigné

    Pourquoi cette rubrique : Un interlocuteur unique et préparé ; en crise, souvent le dirigeant.

  7. Contact presse

    Pourquoi cette rubrique : Une adresse surveillée en continu pendant la crise.

Télécharger le modèleWord (.docx), 37 Ko

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Sources consultées

  1. ANSSI, guide « Anticiper et gérer sa communication de crise cyber » messervices.cyber.gouv.fr/documents-guides/Guide_Anticiper_et…, Version 2.0, juin 2026, consulté le 16 octobre 2026.
  2. SPF Personnel et Organisation et SPF Chancellerie du Premier Ministre (Belgique), COMM Collection, « Gérer les relations avec la presse » bosa.belgium.be/…/Gérer les relations avec la presse_interact…, décembre 2011 (dépôt légal D/2011/7737/33), consulté le 16 octobre 2026.
  3. ANSSI, page de présentation du guide de communication de crise cyber messervices.cyber.gouv.fr/guides/anticiper-et-gerer-sa-commun…, publiée le 4 juin 2026, consulté le 16 octobre 2026.
  4. AFP Factuel factuel.afp.com/manuel-du-fact-checking-lafp, consulté le 16 octobre 2026.
  5. CNIL cnil.fr/fr/services-en-ligne/notifier-une-violation-de-donnee…, daté du 24 mai 2018, consulté le 16 octobre 2026.
  6. AMF amf‑france.org/en/news-publications/depth/information-obligat…, consulté le 16 octobre 2026.
  7. AMF amf‑france.org/sites/institutionnel/files/pdf/62872/fr/Guide_…, position-recommandation DOC-2016‑08, applicable au 29 avril 2021, consulté le 16 octobre 2026.

Questions fréquentes

Une fuite de données personnelles crée‑t‑elle des obligations en plus des relations presse ?

Oui. Une violation présentant un risque pour les droits et libertés des personnes doit être notifiée à la CNIL dans les meilleurs délais, avec une notification initiale sous 72 heures si possible CNIL. Au‑delà de 72 heures, l’organisme explique le retard dans sa notification, puis la complète quand il dispose des informations CNIL. En cas de risque élevé, les personnes concernées doivent aussi être informées, en application de l’article 34 du RGPD CNIL. Après une cyberattaque, la CNIL conseille de porter plainte et de conserver les preuves techniques CNIL. Coordonnez ces démarches avec vos déclarations à la presse pour que les messages concordent.

Une société cotée peut‑elle garder le silence face à une fuite dans la presse ?

Cela dépend de sa situation. Si elle avait différé la publication d’une information privilégiée et que la confidentialité n’est plus assurée, par exemple en cas de fuite dans la presse, elle doit publier cette information dès que possible AMF. Elle en informe ensuite l’AMF immédiatement après la publication AMF. Le guide de l’AMF sur l’information permanente (DOC-2016‑08) traite aussi des avertissements sur résultats et de la communication des émetteurs en difficulté AMF. Associez la direction financière et le service juridique à la cellule de crise.

Que faire des actions presse déjà programmées quand la crise éclate ?

Si la crise est visible, l’ANSSI conseille de suspendre toutes les actions presse prévues sur d’autres sujets ANSSI. Prévenez les journalistes concernés que le sujet est reporté, sans longue justification. Une annonce maintenue en pleine crise sera lue à travers elle et peut paraître décalée.

Peut‑on demander à relire un article consacré à la crise ?

Vous pouvez proposer de vérifier un point technique, mais le journaliste et sa rédaction décident seuls du contenu, de l’angle et de la publication. Une relecture n’est jamais due. Le plus efficace reste de transmettre par écrit des faits précis et datés, que le journaliste peut citer sans risque d’erreur.

Comment entraîner l’équipe sans attendre une vraie crise ?

Organisez un exercice de crise. L’ANSSI recommande d’y intégrer une « pression médiatique simulée » : faux appels de médias, fausses dépêches, fausses publications ANSSI. L’exercice teste le porte‑parole, le circuit de validation et la tenue du rythme des points de situation. Faites‑en un bilan écrit, comme après une crise réelle.

Avant d’écrire aux journalistes

Préparer votre campagne de relations presse

Un sujet qui intéresse une rubrique précise, des médias choisis, un communiqué qui répond aux questions d’un journaliste : la méthode pas à pas couvre chaque étape. Pour être accompagné, présentez votre projet à RS‑Education, qui propose un accompagnement d’attaché de presse : la demande lui est adressée. Educaland Ltd, qui édite ce guide, exploite aussi cette agence.