Modèle
Mesurer les retombées presse
Une retombée se constate, elle ne se commande pas. Pour en faire le bilan, suivez ce que les rédactions ont publié, ce qu’elles ont retenu de vos messages et ce qui s’est passé ensuite, avec un tableau simple et des indicateurs défendables.

Qu’est-ce qu’une retombée presse ?
Une retombée est un contenu publié ou diffusé par un média qui parle de votre organisation, de votre projet ou de votre porte‑parole : article, sujet radio ou télévisé, contenu en ligne, épisode de podcast. Elle suit le plus souvent une action de relations presse : communiqué, proposition de sujet, interview, conférence de presse. On parle de reprise quand un autre média publie à son tour une information déjà parue.
Mesurer les retombées, c’est constater ce que les rédactions ont fait de votre information. Le journaliste et sa rédaction décident seuls de publier, de l’angle et du contenu. Aucune démarche ne garantit une parution : le bilan décrit ce qui s’est passé, il ne vérifie pas une promesse. Savoir comment travaillent les journalistes aide à lire ces choix.
Quels indicateurs suivre pour un bilan utile ?
Les Principes de Barcelone de l’AMEC sont un référentiel de bonnes pratiques de mesure et d’évaluation de la communication, établi depuis 2010 et publié aujourd’hui dans sa quatrième version. Leur principe n° 4 demande d’associer une lecture quantitative, comme le nombre d’articles publiés ou la part de voix, et une lecture qualitative, comme la tonalité, les attitudes du public et l’effet du message. AMEC
La part de voix, citée par le principe n° 4 parmi les mesures quantitatives, n’a de sens que si vous suivez votre organisation et les autres acteurs comparés avec la même méthode. Pour l’audience, ne retenez qu’un chiffre publié (par le média lui-même ou par un organisme de mesure d’audience), avec sa source.
Le cadre d’évaluation de l’AMEC distingue ce qui est publié (outputs), les réactions du public visé (out-takes), l’effet sur ce public (outcomes) et l’impact sur les objectifs de l’organisation. Le principe n° 6 de Barcelone demande de ne pas confondre extrants et résultats : le volume ou le ton de la couverture ne reflète pas nécessairement l’effet sur les parties prenantes. AMEC
Faut‑il donner une valeur publicitaire à vos retombées ?
L’équivalent publicitaire consiste à calculer ce qu’aurait coûté l’espace occupé par une retombée s’il avait été acheté en publicité. Selon le principe n° 5 de Barcelone, les mesures invalides comme l’équivalent de valeur publicitaire (EVP, AVE en anglais) ne devraient pas être utilisées : la communication s’évalue sur ses résultats et ses effets. Ce rejet figure dans toutes les versions des Principes depuis 2010. AMEC
Dans « 22 raisons de dire non aux AVE », l’AMEC, l’IPR, la PRSA, la PRCA, la Global Alliance et l’ICCO s’accordent à dire que l’AVE n’est pas une métrique valide. Ce document relève que l’AVE est souvent calculé sur les grilles tarifaires publiées, ce qui gonfle les chiffres, qu’il est purement quantitatif et qu’il n’existe pas de méthodologie commune pour le mesurer. Ses variantes (ACE, ASR, EAV, EMV, EVR, MAV, PRV) relèvent du même indicateur invalide. AMEC
Une retombée n’est pas un espace acheté : le journaliste a choisi l’angle, ce qu’il cite et ce qu’il laisse de côté. Lui donner un prix d’annonce revient à comparer deux choses de nature différente. Les espaces payants, eux, relèvent de la publicité.
Si votre direction ou un financeur exige malgré tout un indicateur du coût de l’espace obtenu, l’AMEC demande de ne pas le qualifier de « valeur », d’« effet » ni de retour sur investissement, et d’en expliciter le mode de calcul, multiplicateurs compris. Présentez-le à part, hors du tableau de suivi.
Comment repérer ce qui paraît sur vous ?
Le prestataire 24presse distingue la veille médias, processus qui détecte les contenus publiés, de la revue de presse, livrable qui sélectionne, classe, résume et présente les résultats. 24presse.com Trois façons de faire se combinent.
- Veille manuelle : alertes gratuites et recherche sur les sites des médias contactés. Elle laisse passer une partie de la presse imprimée, de la radio et de la télévision.
- Plateforme de veille : des outils comme Cision, Meltwater, Onclusive ou Mention automatisent la détection. Pour connaître leur coût, demandez un devis ou une démonstration sur votre périmètre.
- Prestataire de revue de presse : il livre une sélection classée et résumée. Selon 24presse, en 2026, le tarif public qu’il affiche pour une revue de presse est de 390 €, avec un périmètre à préciser selon la fréquence, les médias, les langues et le volume. Il publie aussi un ordre de grandeur, et non un tarif : de 100 à 500 € par mois pour une veille automatisée simple, à partir d’environ 1 000 € par mois pour une prestation sur mesure avec analyse.
Ces montants sont des repères publiés par un acteur, pas des prix du marché : prévoyez la veille dès le départ dans le budget des relations presse. Ne comptez pas sur les journalistes pour vous signaler leurs papiers : leur priorité est le prochain bouclage.
Comment remplir le modèle de suivi, étape par étape ?
Le modèle commenté présenté en haut de cette page traduit ces indicateurs en colonnes. Remplissez-le au fil de la campagne, pas de mémoire à la fin.
- Préparez-le avant l’envoi. Écrivez votre message clé en une phrase et les effets à observer, à partir de l’objectif fixé quand vous avez construit votre stratégie de relations presse.
- Ouvrez une ligne par retombée. Notez la date réelle de parution, pas celle de l’envoi, puis le média et le titre tel que publié, avec son lien.
- Reliez chaque retombée à son origine. Communiqué, conférence, interview ou sujet proposé : notez ce qui l’a déclenchée. Une reprise prend sa propre ligne, avec cette mention.
- Lisez avant de noter. Le message clé est‑il repris, en partie ou pas du tout ? Quel porte‑parole est cité ? Pour la tonalité, écrivez la grille à l’avance (positive : message repris et présenté favorablement ; neutre : information factuelle ; négative : critique ou erreur qui vous dessert) et confiez la notation à la même personne.
- N’inscrivez l’audience que si elle est publiée. Sans source, la case reste vide.
- Observez ce qui suit la parution. Notez visites, demandes, inscriptions ou prises de contact, et en remarque ce qui peut aussi les expliquer, comme une autre action le même jour.
- Faites le bilan en fin de campagne. Quelles actions, quels messages, quels porte‑parole et quels médias ont produit un effet ? Ces constats préparent la campagne suivante.
D’autres modèles de relations presse à télécharger servent à préparer les actions en amont.
Comment adapter le suivi au média visé ?
Les colonnes restent les mêmes ; ce que vous y notez change selon le média.
- Presse écrite : notez la date de l’édition, la rubrique et, en presse régionale, l’édition locale. Gardez une référence précise (titre, date, page) plutôt qu’une copie que vous ne pourriez pas diffuser librement.
- Radio et télévision : notez l’émission, la date et l’heure de diffusion, le lien du replay s’il existe. Le message repris se juge sur ce que le montage a conservé de vos propos. Les conseils pour travailler avec la radio aident à préparer ces passages.
- Médias en ligne : notez l’adresse de l’article, sa date de mise en ligne et ses mises à jour. Les visites sur votre propre site vont dans la colonne d’effet, pas dans l’audience.
- Podcasts : notez l’épisode, la plateforme et le passage où vous êtes cité.
- Presse spécialisée : une seule parution lue par votre public cible peut produire plus d’effet qu’une large couverture grand public ; la colonne d’effet le montrera mieux que l’audience.
Les organismes éducatifs trouveront une déclinaison de cette méthode dans le guide pour mesurer les retombées d’un projet éducatif.
Quelles erreurs faussent le plus souvent le bilan ?
- Dater la retombée au jour de l’envoi. Vous confondez votre calendrier et celui des rédactions.
- Compter sans lire. Beaucoup de retombées qui ne reprennent pas votre message en disent moins qu’un seul papier qui le porte.
- Additionner des audiences. Lecteurs, auditeurs et visiteurs ne s’ajoutent pas.
- Écarter les retombées négatives ou inexactes. Elles montrent ce qui a été mal compris.
- Attribuer tout effet à la presse. Une hausse des demandes peut venir d’une autre action menée le même jour.
- Fixer un nombre de retombées à atteindre. Aucune action de relations presse ne garantit une parution : visez ce que vous maîtrisez, comme la clarté du message et le choix des médias.
Avez‑vous le droit de diffuser les articles parus ?
Un article qui parle de vous ne vous appartient pas pour autant. Selon le CFC (Centre français d’exploitation du droit de copie), toute entreprise est responsable des rediffusions de contenus qu’elle effectue et doit disposer d’une licence, quelle que soit la provenance des articles ; sans autorisation, ces rediffusions sont illégales. CFC
- Diffuser en interne : un panorama de presse envoyé à vos salariés et agents relève de la licence CFC « panorama de presse interne », qu’il soit réalisé par vous ou par un prestataire extérieur. CFC
- Recevoir les sélections d’un prestataire de veille : votre organisation doit elle-même avoir signé une licence CFC, vérifier que ce prestataire dispose des autorisations nécessaires et le déclarer au CFC. CFC
- Publier sur votre site ou vos réseaux : une page « ils parlent de nous » qui reproduit des articles relève d’une licence CFC distincte, limitée à 100 nouveaux articles par an et par support. Selon la notice du CFC de septembre 2026, la redevance est de 50, 100 ou 150 € HT par article selon le choix de l’éditeur.
- Envoyer à l’extérieur : adresser des copies à des clients, prospects ou administrés relève de la licence « externe ciblée », dans la limite de 20 % du contenu rédactionnel d’une même publication par diffusion. CFC
Pour signaler une retombée sur votre site, le plus simple reste un lien vers l’article : le droit voisin des éditeurs de presse ne permet pas d’interdire les hyperliens. Sénat


